En France, de nombreux aidants familiaux concilient vie professionnelle et accompagnement d’un proche en perte d’autonomie, malade ou handicapé. Un engagement exigeant, qui représente un véritable défi au quotidien.
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D’ici à 2030, un salarié sur quatre sera proche aidant. Face à cette réalité, il est primordial pour les employeurs d’intégrer pleinement l’aidance dans leur politiques RH afin de reconnaître les salariés concernés et les soutenir.
Qui sont les salariés aidants ?
Aujourd’hui, on compte 8 à 11 millions de proches aidants en France, dont 61% sont en activité professionnelle (source France Travail 2024).
La moyenne d’âge des aidants est de 44 ans, avec 23% de jeunes aidants de moins de 35 ans.
Les salariés aidants sont des personnes qui, en plus de leur vie professionnelle, assument des responsabilités souvent lourdes à la maison : accompagner un parent âgé, un enfant en situation de handicap, ou encore un conjoint malade. Ce rôle, représente en moyenne 9,8 heures par semaine d’accompagnement, soit plus d’une journée de travail supplémentaire, impacte fortement leur bien-être, leur santé mentale et leur capacité à rester productif au travail.
44 % des salariés aidants ont peur de perdre leur travail et vont plus facilement se confier à leurs collègues qu’à leur direction ou aux DRH.
Employeurs : quelles solutions concrètes pour accompagner vos salariés aidants ?
1- Identifier les situations d’aidance en entreprise
La première étape de la démarche consiste à mieux connaître la réalité vécue par les collaborateurs en dressant un état des lieux anonyme et factuel de la situation d’aidance au sein de l’entreprise. Pour cela, l’entreprise peut mettre en place des dispositifs de recueil anonymisé, tels que des baromètres internes ou des enquêtes QVT et s’appuyer sur quelques indicateurs clés (taux de salariés aidants déclarés, nombre de demandes d’aménagement, taux d’absentéisme lié à la charge d’aidance, etc.)
Ces outils permettent d’obtenir une vision de l’ampleur de la situation des aidants au sein des équipes.
2- Informer et sensibiliser l’ensemble des collaborateurs et managers
La sensibilisation en entreprise sur la réalité des aidants permet de favoriser la compréhension et la solidarité de tous, de lever les tabous et d’encourager la parole, en aidant les collaborateurs à se reconnaître dans ce rôle, souvent vécu dans l’ombre.
Une démarche structurante sachant que 61% des aidants sont en activité professionnelle mais que 45% des salariés aidants ne se reconnaissent pas comme tels (Source : Etude OCIRP/Viavoice 2025) : c’est ce qu’on appelle le déni d’aidance.
Ce déni empêche la mise en place de solutions adaptées. La sensibilisation est donc le levier clé pour sortir du déni, permettre aux salariés de nommer leur situation et d’accéder à des dispositifs de soutien.
3- Proposer des aménagements du temps de travail
L’aménagement du temps de travail permet aux salariés aidants d’avoir une plus grande flexibilité dans la gestion de leur quotidien, souvent ponctuée par des RDV médicaux, des démarches administratives pour leur proche.
En tant qu’employeur, vous disposez de plusieurs solutions que vous pouvez facilement mettre en place sans revoir toute votre organisation :
- Plages horaires flexibles et arrivée/départ décalés pour accompagner le proche, en tenant compte de l’organisation du service.
- Télétravail : Accès au télétravail de façon ponctuelle sur demande du salarié aidant.
- Autorisations ponctuelles d’absences : possibilité de s’absenter quelques heures pour accompagner le proche à ses consultations médicales avec récupération ou pose de congés.
- Temps partiel temporaire, réversible
- Planification partagée des charges : anticipation des périodes de tension (rendez-vous médicaux, hospitalisations…) et répartition des tâches avec l’équipe pour limiter les impacts sur l’activité.
- Référent RH : interlocuteur dédié qui instruit les demandes sous 72 heures maximum et garantit la confidentialité des échanges.
4. Créer un point de contact dédié pour les aidants
74 % des salariés aidants sont favorables à l’instauration d’un « référent aidant » en entreprise (source : article France Travail, « L’aidance, enjeu majeur du monde du travail »).
Cet interlocuteur formé devient un repère essentiel, capable d’apporter écoute, soutien et information. Il peut informer en toute confidentialité les collaborateurs sur leurs droits, les dispositifs légaux et aides disponibles et les orienter vers les dispositifs adaptés.
5. Offrir un accompagnement personnalisé
Faire appel à un service social en entreprise et au médecin du travail peut grandement soulager vos salariés aidants. Les assistants sociaux et les médecins du travail sont des partenaires clés pour évaluer les besoins individuels de vos collaborateurs, les conseiller sur leurs droits et les orienter vers des solutions de répit ou des aides financières.
Le médecin du travail, en collaboration avec l’assistant social, peut identifier les signes de stress ou d’épuisement et mettre en place des actions de prévention. Ensemble, ces services assurent un suivi confidentiel et peuvent alerter l’employeur en cas de besoin, tout en respectant la vie privée du salarié.
Les assistants sociaux : un soutien clé pour les aidants
Les aidants se retrouvent souvent isolés, confrontés à des situations complexes sans savoir vers qui se tourner. Pourtant, de nombreux dispositifs et acteurs sont prêts à les soutenir. Les assistants sociaux en entreprise sont des interlocuteurs privilégiés pour les salariés : ils peuvent les écouter, évaluer leur situation et les orienter vers des structures adaptées comme les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS), les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) ou encore des structures d’information pour les familles (Points Info Famille, Maisons France Services, etc.).
1- Soutien administratif et financier
Les aidants font souvent face à une grande complexité dans les démarches administratives. Qu’il s’agisse de trouver des aides financières ou d’organiser des soins pour leurs proches, les assistants sociaux jouent un rôle de guide précieux. Ils sont informés des dispositifs disponibles et aident à collecter et remplir les documents nécessaires, permettant ainsi de réduire la charge mentale des aidants.
2-Amélioration de l’équilibre vie professionnelle et personnelle
Les assistants sociaux travaillent main dans la main avec les salariés pour identifier des solutions qui facilitent la conciliation entre leur rôle d’aidant et leurs responsabilités professionnelles. Ils élaborent des plans d’action personnalisés pour gérer les imprévus, organiser les congés, et s’assurer que le salarié garde un équilibre sain entre travail et vie personnelle. En apportant des solutions concrètes et en favorisant des temps de répit, ils permettent aux aidants de mieux se concentrer sur leur travail.
3- Prévention des risques psychosociaux (RPS)
Le rôle d’aidant, souvent éprouvant, peut entraîner du stress, de la fatigue et parfois un épuisement physique et mental. Les assistants sociaux sont formés pour identifier les premiers signes de détresse et offrir un soutien psychologique. Par leur écoute active et leurs conseils, ils aident à prévenir le burn-out, un risque qui guette de nombreux aidants.
4. Impact sur l’égalité professionnelle
Parmi les aidants, 60 % sont des femmes. Souvent, ces dernières doivent réduire leur temps de travail ou refuser des promotions pour accompagner leurs proches. En soutenant les aidants, et notamment les femmes, les assistants sociaux contribuent à réduire ces inégalités en proposant des solutions qui préservent la carrière des salariées tout en tenant compte de leurs responsabilités familiales.
5. Soutien à la performance économique et à la marque employeur
En soutenant les salariés aidants, les entreprises montrent qu’elles prennent en compte la diversité des situations personnelles et professionnelles. Ce soutien s’intègre directement dans les politiques de qualité de vie au travail (QVT) et contribue à renforcer la fidélité des collaborateurs tout en nourrissant la marque employeur. En intégrant les assistants sociaux dans cette démarche, les entreprises offrent à leurs salariés un espace sécurisé et des ressources pour continuer à s’investir pleinement dans leur travail tout en prenant soin de leurs proches.
Kerea vous accompagne dans la mise en place d’un dispositif d’accompagnement social au sein de votre organisation.
Nos modalités d’intervention sont conçues pour s’ajuster à vos besoins et à vos contraintes. Cette souplesse garantit un service social du travail accessible, pertinent et réellement efficace.
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Permanences sur site
Elles permettent aux salariés aidants de rencontrer un professionnel dans un cadre confidentiel, de poser leurs questions, de parler de leurs difficultés et d’explorer des solutions concrètes pour concilier vie professionnelle et responsabilités d’aide. -
Ligne d’écoute sociale
Accessible par téléphone ou en visio, elle offre un premier espace d’écoute, rapide et confidentiel, particulièrement adapté aux aidants qui jonglent avec des contraintes de temps, de déplacements ou de télétravail. -
Accompagnement individuel
Quand la situation le nécessite (épuisement, réorganisation familiale, perte d’autonomie du proche…), un suivi personnalisé peut être mis en place dans la durée pour travailler sur les droits, les aides mobilisables, l’organisation du travail et la prévention du décrochage professionnel. -
Interventions ponctuelles
En cas d’événement marquant (aggravation de l’état de santé d’un proche, fin de vie, retour après un long arrêt, réorganisation impactant les horaires…), les assistants sociaux peuvent intervenir de manière ponctuelle pour soutenir le salarié aidant et conseiller les équipes RH ou les managers dans les ajustements possibles.