Chaque année, au mois de novembre, la campagne Mois sans tabac invite les fumeurs à relever un défi collectif : arrêter de fumer pendant 30 jours. Pour les entreprises, c’est une occasion concrète de sensibiliser les équipes, de présenter les aides existantes et d’accompagner les collaborateurs qui souhaitent se libérer du tabac.

L’enjeu est important. En France, le tabagisme reste la première cause de mortalité évitable. En 2023, il aurait été à l’origine de plus de 68 000 décès prématurés, soit 11% de la mortalité totale.

Autre chiffre à retenir : selon Santé publique France, un fumeur régulier sur deux décède des conséquences de son tabagisme.

Qu’est-ce que le Mois sans tabac ?

Lancée en 2016 par Santé publique France, la campagne Mois sans tabac s’inspire de l’opération britannique « Stoptober », créée en 2012. Le principe est simple : proposer aux fumeurs d’essayer d’arrêter pendant un mois, tout en leur donnant accès à des outils et à un accompagnement.

Pourquoi 30 jours ? Parce qu’un mois sans tabac peut multiplier par cinq les chances d’arrêter durablement. Ce résultat est notamment mis en avant dans l’analyse consacrée aux tentatives d’arrêt pendant les premières éditions de l’opération, publiée par Santé publique France.

L’objectif est d’aider les participants à préparer leur arrêt, à traverser les premières semaines et à trouver du soutien. Le site Mois sans tabac met notamment à disposition :

  • un kit d’aide à l’arrêt ;
  • des conseils pratiques ;
  • un accompagnement téléphonique avec un tabacologue au 39 89 ;
  • des communautés d’entraide.

L’application Tabac info service permet également de suivre ses progrès et de bénéficier de conseils personnalisés.

Pourquoi organiser une campagne en entreprise ?

La cigarette est souvent associée à certains moments de la vie professionnelle : pause-café, fin de déjeuner, sortie d’une réunion ou période de stress. Pour les salariés qui souhaitent arrêter, un accompagnement proposé dans l’entreprise peut les aider à modifier progressivement ces habitudes.

Donner envie de se lancer

Voir un collègue commencer une démarche, parler de ses difficultés ou recevoir des encouragements peut aider d’autres personnes à envisager leur propre arrêt.

Mois sans tabac offre un cadre commun pour passer d’une intention personnelle à une démarche collective. L’entreprise peut proposer un défi volontaire, des temps d’échange ou un groupe de soutien, sans imposer d’objectif et sans demander aux participants de communiquer leurs résultats.

Une étude publiée en 2008 dans le New England Journal of Medicine a montré que, dans les petites entreprises étudiées, l’arrêt du tabac d’un collègue était associé à une diminution de 34% de la probabilité qu’un autre salarié fume. Ce résultat souligne l’influence possible de l’entourage professionnel, même s’il ne permet pas, à lui seul, de mesurer l’efficacité d’un accompagnement collectif pendant un sevrage.

Le saviez-vous ?

Un salarié qui sait vers qui se tourner en cas de difficulté psychologique est statistiquement plus enclin à demander de l’aide tôt, ce qui limite le risque d’aggravation ou d’arrêt de travail prolongé.

Agir sur les habitudes du quotidien

Arrêter de fumer ne consiste pas uniquement à renoncer à la cigarette. Il faut aussi repenser les moments qui lui sont associés.

Une campagne en entreprise peut aider les collaborateurs à identifier ces situations et à trouver des alternatives :

  • conserver une pause, mais sans cigarette ;
  • marcher quelques minutes avec un collègue ;
  • échanger avec un tabacologue sur les envies de fumer ;
  • repérer les situations professionnelles qui déclenchent le besoin de nicotine.

L’accompagnement devient ainsi plus concret, car il s’appuie directement sur le quotidien des salariés.

Le saviez-vous ?

Un salarié qui sait vers qui se tourner en cas de difficulté psychologique est statistiquement plus enclin à demander de l’aide tôt, ce qui limite le risque d’aggravation ou d’arrêt de travail prolongé.

Préserver la santé et limiter l’absentéisme

Le tabagisme a également des conséquences sur la santé au travail. Selon une méta-analyse publiée en 2020 dans le Scandinavian Journal of Work, Environment & Health, il est associé à un risque d’absence pour maladie supérieur de 31% et à près de trois jours d’absence supplémentaires par an, en moyenne, par rapport aux non-fumeurs.

Les pauses cigarettes peuvent par ailleurs susciter des interrogations sur l’organisation du travail et l’équité entre les membres d’une équipe. Une campagne Mois sans tabac peut être l’occasion de réfléchir à ces questions et de proposer des moments de convivialité accessibles à tous, sans stigmatiser les fumeurs.

L’accompagnement des salariés qui souhaitent arrêter peut s’intégrer au volet social de la politique RSE et compléter une démarche de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). Il permet aussi de prendre en compte certains facteurs susceptibles d’entretenir la consommation, comme le stress, les horaires ou la difficulté à s’accorder de véritables pauses.

Le saviez-vous ?

Un salarié qui sait vers qui se tourner en cas de difficulté psychologique est statistiquement plus enclin à demander de l’aide tôt, ce qui limite le risque d’aggravation ou d’arrêt de travail prolongé.

Quels messages transmettre aux équipes ?

1. Informer sur les risques & les bénéfices de l’arrêt

Les maladies cardiovasculaires, les cancers et les affections respiratoires figurent parmi les principales conséquences du tabagisme. Une page d’information de Santé publique France sur les conséquences du tabagisme détaille ces différents risques.

Une campagne de sensibilisation doit toutefois aller au-delà des risques : elle doit aussi montrer que l’arrêt est possible et présenter les solutions disponibles.

Pour garantir la fiabilité des informations diffusées, appuyez-vous sur les ressources de Santé publique France et de Tabac info service. L’intervention d’un professionnel de santé peut compléter ces contenus et répondre aux questions concrètes des collaborateurs :

  • Comment gérer le manque ?
  • Quelles aides choisir ?
  • Comment se préparer à arrêter ?
  • Que faire en cas de difficulté ou de rechute ?

2. Présenter les aides existantes

Avoir envie d’arrêter ne signifie pas toujours savoir par où commencer. La campagne peut donc servir à présenter les interlocuteurs et les dispositifs accessibles :

  • Tabac info service : le 39 89 permet d’échanger avec un tabacologue. Le site et l’application proposent également des conseils et des outils de suivi.
  • Le kit Mois sans tabac : il aide à préparer l’arrêt et à franchir les premières semaines.
  • Les substituts nicotiniques : patchs, gommes et pastilles peuvent être prescrits par un professionnel de santé habilité, notamment le médecin du travail, et pris en charge par l’Assurance Maladie sous certaines conditions.
  • Les consultations avec un tabacologue : elles permettent d’adapter la démarche aux habitudes, aux besoins et aux difficultés de chaque personne.
  • Le médecin traitant et le service de prévention et de santé au travail : ils peuvent accompagner les salariés ou les orienter vers une prise en charge appropriée.

Pour faciliter l’accès à ces dispositifs, pensez à communiquer les coordonnées utiles ainsi que les modalités d’inscription aux consultations éventuellement proposées dans l’entreprise.

3. Dédramatiser les reprises de consommation

Arrêter de fumer demande parfois plusieurs tentatives. Une reprise ne signifie pas que tous les efforts ont été inutiles.

Le message à transmettre est simple : il est toujours possible de reprendre sa démarche, d’identifier ce qui a été difficile et d’adapter l’accompagnement. Les encouragements peuvent aider, tandis que la pression, les jugements et les comparaisons entre collègues risquent de décourager les participants.

Le saviez-vous ?

Un salarié qui sait vers qui se tourner en cas de difficulté psychologique est statistiquement plus enclin à demander de l’aide tôt, ce qui limite le risque d’aggravation ou d’arrêt de travail prolongé.

Quelles actions mettre en place ?

1. Organiser une intervention avec un professionnel de santé

Plusieurs formats peuvent être proposés, selon les besoins des équipes et les contraintes de l’entreprise :

  • une conférence ou un webinaire sur la dépendance, les aides à l’arrêt et les questions fréquentes ;
  • un atelier pratique consacré à la gestion du stress, à l’activité physique ou à l’alimentation ;
  • un stand d’information avec, par exemple, une mesure du monoxyde de carbone expiré ;
  • des consultations individuelles et confidentielles avec un tabacologue.

Le témoignage d’un ancien fumeur ou d’un patient-expert peut également compléter ces actions. Un retour d’expérience permet de rendre la démarche plus concrète, à condition de respecter la confidentialité et de ne pas présenter un parcours individuel comme une méthode valable pour tout le monde.

2. Communiquer pendant tout le mois

Une seule prise de parole ne suffit pas toujours. Prévoyez plusieurs messages pour annoncer la campagne, présenter les actions proposées et rappeler les aides disponibles.

Les ressources de Santé publique France et de Tabac info service peuvent être relayées sur différents supports :

  • affichage dans les espaces communs ;
  • intranet ;
  • newsletter interne ;
  • écrans d’information ;
  • messagerie professionnelle.

Chaque communication peut contenir une information immédiatement utile : la date d’un atelier, un lien d’inscription, un conseil pratique ou un numéro à contacter.

3. Proposer un collectif sur 30 jours

Un groupe de soutien volontaire, des encouragements entre collègues ou des temps d’échange peuvent aider les participants à rester mobilisés tout au long du mois.

La participation doit rester libre. Chacun doit pouvoir avancer à son rythme, sans avoir à annoncer publiquement sa démarche ni à expliquer une éventuelle difficulté. L’entraide et le partage d’expérience sont à privilégier, dans le respect des situations individuelles.

4. Associer les non-fumeurs

Les non-fumeurs ont également leur place dans la campagne. Ils peuvent s’informer, mieux comprendre les difficultés liées au sevrage et soutenir les collègues qui le souhaitent.

Mois sans tabac peut aussi être l’occasion de rappeler les règles de vie collective, notamment celles qui visent à prévenir l’exposition au tabagisme passif. Des moments de convivialité sans cigarette peuvent être proposés afin que chacun puisse participer.

Le saviez-vous ?

Un salarié qui sait vers qui se tourner en cas de difficulté psychologique est statistiquement plus enclin à demander de l’aide tôt, ce qui limite le risque d’aggravation ou d’arrêt de travail prolongé.

Organisez votre campagne avec Kerea

Kerea conçoit et anime des campagnes Mois sans tabac adaptées aux besoins des entreprises et de leurs équipes. Plusieurs formats peuvent être envisagés :

  • conférences ;
  • ateliers pratiques ;
  • stands d’information avec mesure du monoxyde de carbone expiré ;
  • consultations individuelles avec un tabacologue.

Les interventions peuvent se dérouler sur site, à distance ou dans un format hybride.

Vous souhaitez organiser une campagne dans votre entreprise ? Découvrez l’offre Mois sans tabac de Kerea et échangez avec nos équipes pour construire un programme adapté à vos collaborateurs.

Sources : Baromètre Qualisocial-Ipsos 2025 / Baromètre de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab /  Baromètre Absentéisme 2025 de Malakoff Humanis.